jeudi 26 mars 2009

Les héros sont des enfants

A quoi voyons-nous qu'un mythe du héros est toujours vivant ? A la réaction des enfants.

Le Jeudi 27 mars 2009, les journaux annoncent cette nouvelle : une fillette de 7 ans échappe à un agresseur grâce à ses camarades de classe. L'affaire a lieu le 20 mars. Un inconnu tente de kidnapper la fillette dans une école de la Haise à Plaisir, dans les Yvelines.

Un garçon de 8 ans se jète sur l'agresseur et le frappe avec ses pieds et ses poings, lui fait un croche-pied. D'autres enfants viennent à son secours... et font fuir l'agresseur !

Qu'est-ce qui s'est brusquement passé dans la tête de ce garçon de 8 ans ? Sa réaction tient à la qualité éducative de l'école, mais aussi... à une connection directe avec une pulsion sauvage. Celle de défendre les autres en oubliant jusqu'au danger pour soi-même.

Combien d'adultes à la place de cet enfant se seraient écartés de peur que l'agresseur ait une arme ? Ou auraient pris leur téléphone portable pour alerter la police au lieu de se jeter avec leur corps dans la bataille ? Pas tous. Mais certains.

Cet enfant, je ne sais pas son prénom, mais pour moi, il en a plusieurs : c'est Siegfried terrassant le dragon, c'est Saint Georges et Saint Michel réunis.

Joseph Campbell déclare : "Le héros est celui qui donne sa vie physique pour la réalisation" d'une vérité : que l'autre et moi-même ne faisons qu'un. Alors "vous pouvez très facilement risquer votre vie (...) Tous les jours à travers le monde, des hommes agissent de façon désintéressée pour venir en aide à leurs semblables” (Puissance du mythe, p.193).

Et même, ou peut-être surtout, les enfants.

Laureline, ©.