samedi 4 avril 2009

Haruki Murakami et le puits poreux.


Elle, c'est un puits aux voeux. Yuuko, l'héroine d'une complexe série manga Xxhoolic, qui manipule les thèmes du double, les axes du temps et de l'espace jusqu'au vertige métaphysique ! Vous ne jetez pas une pièce dans le magazin que tient Yuuko dans l'actuelle ville de Tokyo, mais vous abandonnez une part précieuse de vous. Le paiement est un sacrifice ; guérir ne va pas sans mourir un peu. Mais personne ne peut connaître et exaucer le voeu de cette femme-sorcière. Mélancolique, elle répète : "il faut que le rêve se termine".

De là, je sauterai d'un pas de plume à l'oeuvre du romancier japonais incontournable : Haruki Murakami. En France, la FNAC nous recommande Kafka sur le rivage. Que nenni. J'ai expérimenté le plus incroyable tremblement murakamien avec Les Chroniques de l'oiseau à ressort.

C'est à cause d'un puits. Le narrateur voit son monde vaciller lorsque son chat puis sa femme le quittent mystérieusement. Il passe dans le jardin abandonné de la maison voisine, attiré par un puits à sec. Il descend à l'aide d'une échelle. Il a besoin en plein Tokyo de rejoindre l'obscurité pour réfléchir. Sur son passé. Ses aveuglements. Les secrets de sa femme, et du beau frère criminel. Alors dans l'opacité, il traversera les murs poreux du réel et du spirituel. Ou peut-être du monde intérieur, le sien, celui de sa femme et d'un vaste inconscient collectif.

L'être humain est fait de la pierre d'un puits : on y jette le voeu de réaliser sa vie.

Laureline.