lundi 18 mai 2009

"Plus Jeune que Jésus" : critique en triptyque.


Volet I : Présentation Générale.

Cette jeune femme - réelle - dort dans un lit blanc sous le regard des visiteurs : elle a pris des somnifères pour les heures d'ouverture du musée. Sensation de vie suspendue, voyeurisme social imposé ou oeuvre-don de soi ? Derrière elle, une impression de couleurs directement tirées d'Acrobat-photoshop.

De l'art générationnel ? C'est le propre de ce mouvement collectif baptisé “Plus jeune que le Christ” : des artistes de toutes catégories s'interrogent sur le passage au troisième millénaire. 50 artistes issus de 24 nationalités nés après 1976.

L'exposition se trouve en ce moment au New Museum de New York, dans Soho : un petit tour vidéo, cliquez. Elle propose d'être dans l'immédiate réflexion : comment ces jeunes de moins de 33 ans conçoivent-ils leur époque et le monde autour d'eux ?

Nos dernières inventions sont remises en question
: un juke box obsolète joue des chants révolutionnaires. Le mouvement OMG (Oh My God) dresse un obélisque recouvert de textos pour ironiser sur notre vénération pour la technologie. Tissage de vidéos réelles faites par webcam et récupérées sur le web. Ryan Trecartin joue son propre clone en vidéo, réalisé, nous dit-il, par un copier-coller de son ADN.

Sur un tableau, des plantes poussent à travers les orbites d'une tête de mort, un soldat peut-être.




Le regard sur soi reste très présent : présentations sur l'artiste, sa famille, ou même répétition obsessionnelle de son propre nom (les peintures de Josh Smith).

Le plus innovant est cette revendication de créer en collectivité : l'art en réseau, produit par toutes les nationalités confondues. Soit ces artistes ont accepté d'être ré-unis dans cette exposition malgré leurs divergences ; soit ils créent grâce à leurs amis ou contacts qui réalisent une performance artistique une nuit entière (notamment : Lyz Glinn, "Bâtir Rome en une nuit").

C'est sans doute là que se désigne vraiment pour la génération plus ou moins jeune que Jésus, un avenir de créativité ressuscitée.

Laureline Amanieux, ©.