lundi 24 août 2009

Joseph Campbell.

Voilà enfin, paru le 3 septembre 2009, une re-traduction de "Power of myth", "Puissance du mythe" aux éditions OXUS : ces fameux entretiens, oraux puis transcrits, entre le mythologue Joseph Campbell et le journaliste Bill Moyers pour la chaîne américaine PBS en 1988.

J'ai également recommandé sur le forum français dédié à Joseph Campbell l'introduction claire de Robert Segal en anglais, sur l'ensemble des ouvrages de Campbell, car elle suit l'évolution de sa pensée, livre après livre, chronologiquement.

Mais je regrette qu'il associe la vision de Campbell à un “monisme radical” c'est-à-dire à une vision fusionnelle des mondes, visible et invisible, Campbell incitant selon Segal à une fusion radicale entre conscient et inconscient, entre la réalité ordinaire et l'extraordinaire, entre temps et éternité etc... ce que la psychologue Jung aurait considéré destructeur pour l'égo de l'homme.

Campbell nous incite en effet à voir un autre monde à l'intérieur du nôtre, mais c'est d'abord un phénomène d'inclusion, pas d'identification ou bien l'identification est en quelque sorte réalisée dans l'esprit humain mais ne le dissipe pas. Imaginons un même bâton qui se divise en deux branches fines comme les baguettes de sourcier : les deux mondes sont un seul, mais l'un n'annule pas l'autre.

Campbell lui-même insiste dans la quête du héros pour que le héros - et c'est la même chose pour la vie de chacun d'entre nous - ne soit pas tenté par la dissolution dans un grand tout comme certains saints ou mystiques mais qu'il revienne dans la société – ici et maintenant- partager l'élixir qu'il a trouvé avec tous, quitte à devoir pour cela se transformer toute sa vie durant en un professeur pour expliquer l'intérêt de cet élixir.

Autrement dit : tout est déjà de ce monde, mais notre regard doit apprendre à voir comme en surimpression l'invisible sous le plan du visible. Voir double pour vivre de façon unique et unie au reste du monde.

Laureline, ©.