Dans le Magazine des Livres de ce trimestre printanier, j'explore le mythe de l'Apocalypse à travers les héros de ce très beau roman de Stéphanie Hochet, Les Ephémérides, paru en 2012 aux éditions Payot. Cet article est suivi d'un grand entretien que j'ai mené avec la romancière. Petit extrait (et le reste chez votre marchand de journaux !) :
"Apocalypse annoncé, organisé peut-être par des instances au pouvoir, sans qu'aucun coupable ne soit explicitement désigné. Quoiqu'il en soit, un virus fera disparaître l'humanité.
Stéphanie
Hochet nous entraîne alors, jour après jour, dans la tête de ses personnages
principaux, de l'Écosse à la France, pour explorer l'impact de cette annonce. Le roman se déroule en
priorité sur l'île de la Grande-Bretagne, dont il découpe la topographie et
scrute les réactions humaines dans cet espace clos. Terreur, violence,
laisser-aller, alternent avec la frénésie de vivre et de transmettre la vie.
Enfin... de
transmettre une sorte de vie : car les survivants à la catastrophe ont déjà été
programmés ; ce seront des chiens mutants, des überdogs, créés en partie par
l'héroïne Tara et sa compagne, Patty. (...)
Chacun
cherche à reprendre un peu de contrôle sur la Fatalité, car que faire face à l'Apocalypse si ce n'est créer sa
propre apothéose ? Et chacun,
à sa manière, y parvient. (...)
Plutôt qu'un
écrivain des marges, Stéphanie
Hochet s'affirme comme écrivain des extrêmes, au-delà de la morale. Un
ton nietzschéen parcourt son
roman."
